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mercredi 3 septembre 2008

Google veut prendre Wikipédia à contre-pied
Avec le site Knol, le géant américain du web fait le pari d'un modèle diamétralement opposé à la fameuse encyclopédie collaborative.
Sept ans après Wikipédia, Google s'aventure enfin sur le terrain du partage du savoir en ligne. Annoncé et testé en catimini depuis décembre 2007, le projet Knol (pour « Knowledge », la connaissance en anglais), ouvre enfin ses portes à tout un chacun.
Knol ne compte pour l'instant qu'environ 400 articles, tous en anglais, contre plus de 10 millions sur Wikipedia dans plus de 250 langues (dont près de 700 000 en français). Plus étonnant encore, une écrasante majorité de ces knols (le terme désigne aussi les articles eux-mêmes) traitent de problèmes médicaux. Rien à apprendre, pour l'heure, sur George W. Bush, la Lune ou la Seconde Guerre mondiale.Une bizarrerie dûe à la constitution du groupe des «beta-testeurs» du service.
Face à ces pages blanches, Google conseille au visiteur désappointé de prendre la plume pour écrire lui-même ses articles. Car l'idée maîtresse de la firme de Moutain View avec Knol est de changer les règles du jeu du partage du savoir, en proposant aux contributeurs un cadre diamétralement opposé à Wikipédia.
La où l'encyclopédie collaborative efface les individualités au profit d'une écriture collective, Knol parie sur la mise en avant des auteurs. Chaque knol présente en bonne place le nom et la photo de son auteur, et celui-ci peut régler le niveau d'implication des internautes dans son travail. Knol propose trois modes de collaboration. Ouverts, les knols acceptent les modifications (« edits ») de tout un chacun. Modérés, ils attendront une éventuelle validation de l'auteur principal pour laisser apparaître en ligne les ajouts. Fermés, il sera tout simplement impossible de suggérer des modifications. L'auteur originel d'un knol reste de toute façon seul maître à bord, et responsable des propos tenus dans l'article.
Des profits pour les auteurs
De même, Knol joue la carte de la multiplicité des points de vue face à la synthèse équilibrée, érigée en principe par Wikipédia. Sur l'encyclopédie libre, impossible de faire cohabiter deux articles sur le même sujet. Nicolas Sarkozy n'aura jamais qu'une seule et unique notice sur Wikipédia, les internautes étant libres de la modifier en suivant quelques règles de base. Sur Knol, le président de la République pourra être présenté d'une dizaine de manières différentes par autant d'auteurs. « La compétition des idées est une bonne chose », expliquait en décembre dernier Udi Manber, un des vice-présidents de Google, en présentant le projet. Les articles sur un même thème seront départagés par un système de notation ouvert à tous les lecteurs.
D'une manière plus prosaïque, Knol veut générer des profits, à l'inverse de Wikipédia qui se contente de recueillir des dons pour payer son hébergement. Sur l'encyclopédie de Google, un auteur peut en effet choisir d'afficher des liens sponsorisés AdSense, ces publicités textuelles qui sont sélectionnées automatiquement en fonction du sujet de l'article. En plus de la satisfaction de voir son nom et son visage mis en valeur là où Wikipédia le laisse dans l'ombre, l'auteur peut donc espérer tirer un bénéfice financier de son activité sur Knol. Une opportunité partagée par Google, qui perçoit un large pourcentage du prix payé par les annonceurs pour ces pubs.
Avec un modèle aussi différent (plus proche du français Larousse) et cette contrepartie financière, Knol peut espérer conquérir rapidement une équipe de contributeurs réguliers, en particulier les déçus de Wikipédia, qui préfèrent des auteurs clairement identifiés à une synthèse impersonnelle et aux heures de discussions qui vont avec. Conquérir les simples lecteurs, nerfs de cette guerre dans laquelle chaque page vue est une part du bénéfice de Google, sera un défi autrement plus difficile, tant Wikipédia possède une large avance.

Source : Laurent Suply (lefigaro.fr)
referencement.com

jeudi 7 juin 2007

Le fondateur de Wikipédia veut titiller Google
Jim Wales entend réinventer les moteurs de recherche.

LE FONDATEUR de l'encyclopédie Internet Wikipédia était récemment en couverture du magazine Fast Company. En gros sur sa photo, on lisait « le pire cauchemar de Google ». Jim Wales, jeune quadra barbu, feint de s'en amuser. « Ma mère a acheté dix exemplaires du magazine. » Il ne voit pas pourquoi il ferait du tort à Google et ses 10 000 employés : « Je suis tout seul face à eux. » Ancien trader, Jim Wales fait mine de ne pas suivre Wall Street et souligne ne pas être vraiment un patron d'entreprise. « Je ne suis pas homme d'affaires mais un révolutionnaire qui veut détruire toute une industrie », plaisante-t-il.

« Jimbo » a effectivement bouleversé Internet. L'encyclopédie collective qu'il a inventée il y a six ans dont les articles sont créés et modifiés par des internautes compte aujourd'hui parmi les quinze sites les plus visités de la planète. Elle rassemble aujourd'hui plus de 7 millions d'articles, corédigés par 280 000 personnes. En décembre dernier, il a annoncé qu'il comptait lancer un nouveau moteur de recherche. Google lui semble vulnérable. « À leur lancement, ils se sont vraiment démarqués. Les autres moteurs de recherche étaient vraiment mauvais. Au point que je doutais de l'avenir d'Internet si on ne pouvait rien y trouver. » Mais, selon lui, Google a aujourd'hui perdu son avance. « Si vous comparez les recherches de Google, Yahoo ! et les autres, les résultats sont très similaires. Personne n'a d'avantage net.»

Un sondage cité par Fast Company indique que 21 % des utilisateurs professionnels ont l'impression que les moteurs comprennent leur demande. Seuls 10 % trouvent ce qu'ils cherchent dès leur première recherche et 93 % essaient encore en changeant les mots. Selon Wales, Google ne serait pas à l'abri de nouvelles comparaisons des consommateurs. « C'est un marché difficile à verrouiller. Microsoft a pu obtenir sa part du marché des systèmes d'exploitation parce que chacun se souciait de compatibilité. Mais si vos amis utilisent Google et que vous utilisez quelque chose d'autre, ça ne pose de problème à personne. »

Un produit abouti
Wales sait qu'il n'est pas le premier à s'aventurer sur le terrain des moteurs. « On aurait pu investir des fortunes pour payer des gens à trouver un meilleur moteur, mais on n'y serait pas forcément arrivé. » D'où son idée, calquée sur le fonctionnement de l'encyclopédie, de faire participer les meilleurs à la création d'un nouveau moteur. « Ça semble un peu vague, mais c'est tout ce que je peux dire. » Le monde Internet s'impatiente. Le quadra a parlé de son projet pour la première fois en décembre. Contrairement aux débuts de Wikipédia, il explique que cette fois, il est obligé d'avoir un produit assez abouti avant de le rendre public. « Quand on a lancé Wikipédia, je pouvais dire on lance une encyclopédie et n'avoir que quatre articles. Là, on nous attend. »

Pour prouver que son idée avance bien, il fait valoir son embauche de Jeremie Miller, développeur de logiciel libre célèbre pour ses trouvailles en plateforme de messagerie instantanée.

Mais s'il compte sur des collaborations de chercheurs et d'entreprises pour bâtir « Wikia Search », cette fois-ci, le développement se fait dans une entreprise commerciale : Wikia, une société qu'il a montée en 2004 avec du capital-risque (dont un investissement d'Amazon) et qui propose déjà de l'hébergement de communautés. Dirigée par Gil Penchina, l'ancien directeur européen d'eBay, elle compte aujourd'hui une trentaine d'employés. Une quinzaine de programmateurs travaillent en Pologne. Quant à son modèle économique, « rien de radical », Wikia tirera ses revenus de la publicité. Contrairement à Google et aux autres moteurs de recherche, les algorithmes de classement des sites seront transparents. «Je crois qu'en donnant beaucoup de contenu libre de droit on peut attirer suffisamment de gens pour générer du trafic.»

Comment Wales réussira-t-il à concilier le communautaire gratuit et le profit ? Wikia Search et Wikipédia sont officiellement des projets indépendants. Président de Wikia, Wales est resté au conseil d'administration de la fondation Wikipédia. L'encyclopédie appartient à Wikipédia, une société à but non lucratif, et fonctionne grâce à des dons et au temps libre de bénévoles. Est-ce qu'un projet commercial générera autant de contributions bénévoles ? « C'est bien pour ça qu'on doit être sympa, répond Wales, ceux qui nous aident peuvent partir à tout moment. »

Source : Le Figaro
referencement.com