Le groupe va réorganiser de fond en comble son fonctionnement et sa direction. Objectif : répondre aux accusations de suivisme et de bureaucratie et tenter de refaire son retard sur son concurrent Google.
Coup de balai chez Yahoo ! Le groupe Internet a décidé de réagir à la vague de critique et de mauvaises nouvelles qui l’assaillent de toutes parts, en lançant sa plus vaste réorganisation interne depuis cinq ans.
Comme l'a expliqué son PDG, Thierry Semel mardi soir, le groupe va se redéployer autour de trois pôles : les outils (moteur de recherche, communauté…), la publicité, et le développement technologique. Cette réorganisation prendra effet le 1er mars 2007.
La directrice financière, Susan Decker, sera chargée de reprendre en main le pôle publicité, le nerf de la guerre des moteurs de recherche. Selon d’autres rumeurs, elle pourrait même remplacer l'actuel PDG Semel. Deux hauts dirigeants partent : le directeur des opérations, Dan Roseinweig, qui quittera le groupe au printemps 2007 et Lloyd Braun, un ancien directeur de la télévision américaine ABC, engagé par Yahoo ! pour superviser sa filiale de création de contenus en ligne. Deux personnes devraient être recrutées à l’extérieur pour intégrer le top management. En revanche, aucune suppression d’emploi massive ne semble envisagée.
«Stratégie du beurre de cacahuète»
Objectif de cette vaste réorganisation : «accélérer la prise de décision» et l’innovation.
Elle vient directement répondre aux critiques contenues dans mémo interne récemment diffusé dans la presse. L’un des cadres dirigeants du groupe, Brad Garlinghouse, y fustigeait la «stratégie du beurre de cacahuète», qui consistait selon lui à étaler largement et insuffisamment les ressources, sans se concentrer sur un domaine particulier. Il critiquait également la bureaucratisation du groupe.
Résultat de cette mauvaise gestion, Google taille des croupières à Yahoo ! sur le marché publicitaire. Le géant du web devrait largement devancer son rival avec 4 milliards de dollars de recettes publicitaires en 2006, contre 2,9 milliards pour Yahoo ! Selon un analyste financier, «Yahoo a été victime de son succès et n'a pas vu que le monde avait changé », se laissant porter par la croissance du web sans faire l’effort d’innover.
Source : Le Figaro
